Groupement Philatélique Régional Centre - Loire
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| Voie de la Liberté |
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| 6 f + 4 f | ||
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| Date d'émission | 10/09/1947 | ||
| Oblitération PJ | Saint-Symphorien |
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| Date de retrait | 17/01/1948 | ||
| Dessinateur | MAZELIN | ||
| Graveur | DUFRESNES | ||
| Impression | Taille-Douce rotative Presse n° 10 |
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| Format | 36 mm x 22 mm | ||
| Dentelé | |||
| Tirage | 2.87 millions | ||
| Tarif | du 8 juillet 1947 de la lettre simple pour le régime intérieur de la carte postale pour le régime international |
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| Numéro YT | 788 | ||
| Numéro Marianne | 47-26 | ||
| Autres présentations | |||
| Gravure | |||
| Commentaires | Surtaxe au profit du comité de "Voie de la liberté" | ||
Ces bornes jalonnent le parcours suivi par la troisième armée américaine du général PATTON, lors de la libération de la France.
Quatre oblitérations spéciales seront apposées sur ce timbre :
- Le 14 septembre 1947 à Saint Symphorien.
- Le 18 septembre 1947 à Fontainebleau, lieu de l'inauguration officielle, en présence du président du conseil, Paul Ramadier et de personnalités américaines, belges, luxembourgeoises.
- Le 20 septembre 1947 à Verdun où cette voie croise la "voie
Liberté,
état dans lequel un sujet peut agir sans contrainte ni obstacle, et qui lui permet de
déterminer en toute autonomie les fins de son action ainsi que les moyens d'y parvenir.
On peut distinguer deux principaux types de
liberté, comme l'affirme Montesquieu dans De l'Esprit deslois (1748) :
la «liberté philosophique», qui consiste dans l'exercice de la volonté, et la «liberté politique»,
qui désigne les droits des citoyens au sein d'une société.
Conceptions philosophiques
La notion de liberté dans la philosophie grecque fut envisagée dans son rapport avec celle de destin.
En vertu des thèses soutenues par le stoïcisme, l'Homme doit se conformer aux lois
de la nature : plus il se résigne à son sort, qui s'inscrit dans l'harmonie universelle, plus il est
libre. Pour Aristote, la liberté se traduit par des actions volontaires qui
n'obéissent pas à des contraintes extérieures, mais procèdent de l'individu
clairement conscient des conditions particulières dans lesquelles il entreprend
d'agir. Sans viser le Bien, ajoutait Plotin, prolongeant le raisonnement
d'Aristote, il ne peut y avoir d'action libre.
Les penseurs chrétiens, comme saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, considéraient que l'Homme doit se libérer du péché
originel et de l'asservissement au corps pour accéder au libre arbitre.
Méditations métaphysiques (1641), Descartes
énonce que nous trouvons dans notre conscience la certitude d'un libre arbitre aussi infini que celui de Dieu
lui-même. La liberté s'acquiert dans la pensée, qui conduit à la vérité en passant par le doute.
La «libre-pensée» ne se soucie donc que de l'évidence du vrai.
Il n'existe qu'une seule substance, «Dieu, c'est-à-dire la Nature», qui pense et agit librement, affirme Spinoza dans
l'Éthique (1674). Si les hommes se croient libres, c'est parce qu'ils
sont conscients de leurs actions et de leurs appétits, mais ignorent les causes qui les déterminent.
Diderot
conclut même que le mot «liberté» est vide de sens : il ne peut y
avoir des êtres libres, car «nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre
général, à l'organisation, à la chaîne des événements» (Lettre à Landois, 1756).
Dans la Critique de la raison pure (1781), Kant aborde la question de savoir si l'Homme
est soumis à la nécessité ou s'il jouit d'une liberté réelle. Il qualifie cette
contradiction d'«antinomie de la raison pure» pour montrer que la raison peut
adopter chacune des deux thèses, mais qu'elle ne peut pas démontrer laquelle est la
bonne, car le problème ainsi posé dépasse les pouvoirs de la raison pure. En revanche,
en différenciant les phénomènes des noumènes, Kant peut affirmer qu'une totale
nécessité gouverne les phénomènes l'existence des sciences qui reposent sur le
déterminisme et qu'il existe pour l'Homme, au niveau du noumène, la liberté pratique, c'est-à-dire
«l'indépendance de la volonté à l'égard de toute loi autre que la loi
morale» (Critique de la raison pratique, 1788). Ainsi, la dimension morale de la
liberté apparaît comme essentielle : l'autonomie, qui fait la grandeur de l'Homme, consiste à
suivre la volonté raisonnable, qui n'obéit qu'à sa propre loi.
Nietzsche récusa la notion de liberté. «L'Homme agissant lui-même est dans l'illusion du libre
arbitre», affirme-t-il dans Humain, trop humain (1878), partant de
l'hypothèse selon laquelle rien n'échappe dans le monde à la nécessité. Il
faudrait être omniscient, estime-t-il, pour pouvoir «calculer mathématiquement»
toutes les actions humaines, or si notre savoir était illimité, il révélerait que la liberté est une illusion.
L'Homme est «condamné à être libre», proclame
Sartredans
l'Être et le Néant (1943), considérant la liberté, à
l'instar de Kierkegaard, comme la possibilité de faire des choix, et soutenant comme
lui que l'individu enfermé dans sa singularité ne dispose que de choix relatifs.
Pour Heidegger, un autre représentant de l'existentialisme, la liberté consiste à
se détacher de la vie quotidienne et de son insignifiance pour s'abandonner «au dévoilement de l'étant ».
Conceptions politiques
La liberté politique, qui correspond à la liberté d'action dont dispose l'individu dans
la cité, concerne le rapport du sujet aux autres, et non pas à lui-même. C'est une
liberté d'exécution, et non pas de décision : elle n'est pas du même ordre que la liberté
philosophique, mais, en dernière instance, se fonde sur elle.
L'individu ne s'interroge pas tant sur sa liberté que sur celle des autres, car les libertés non
régulées des autres peuvent toujours faire obstacle à la sienne. Il peut considérer
qu'il est en concurrence avec autrui : il voit alors une source de désavantage dans le fait que les
autres s'emparent librement de biens matériels ou de richesses spirituelles ;
mais il peut estimer que la liberté d'autrui détruit la sienne, engendre sa
dépendance, son aliénation, son assujettissement, conduit en fait à la limitation ou à
la suppression de sa liberté. Hobbes offre une analyse approfondie de ces craintes dans
le Léviathan (1651), en affirmant qu'elles sont liées à la peur de la mort,
qui gouverne les actions humaines.
La liberté politique s'avère donc indispensable à l'épanouissement de l'individu tout en présentant une entrave
à son bonheur, qui ne dépend pas seulement de lui mais aussi du groupe auquel il appartient.
Analysant cette contradiction, Rousseau
arrive à la conclusion, dans Du Contrat social (1762) et les Lettres de la montagne
(1764), que seul l'établissement de lois peut garantir la liberté de chacun :
«Il n'y a point de liberté sans Lois, ni où quelqu'un est au-dessus des Lois.» Il convient donc
d'instaurer des lois justes qui rendent possible la liberté de chaque citoyen car, en l'absence de
cette forme de régulation, il existe toujours un risque de révolte, de désordre et donc
d'anéantissement de la liberté de tous. La légalité et l'égalité, garanties par un État juste,
constituent donc les conditions de la liberté : les hommes doivent être égaux devant la loi pour
qu'il y ait liberté ; il n'y a de liberté que s'il y a liberté de tous, par tous et pour tous.
Si la liberté de l'individu a pour limite celle d'autrui, le sujet cesse de traiter ses
semblables comme des ennemis, comme dans l'état de nature décrit par Hobbes ;
il adhère alors au principe établi par la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen
: «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.»
C'est dans le même esprit que la Révolution française a aboli les privilèges et prôné «
Liberté, Égalité et Fraternité. Pour instaurer des
libertés concrètes, il fallait d'abord garantir le cadre général dans lequel
elles pouvaient s'exercer, c'est-à-dire la société politique. Ainsi
passait-on d'une
notion abstraite de liberté, pensée dans son unicité, à une conception concrète des libertés,
envisagées dans leur pluralité. Telle fut la transition de la liberté aux droits, qui
ouvrit la voie à la liberté physique, à la liberté de conscience, à la liberté
d'expression et aux libertés publiques.
La liberté individuelle se réalise dans
l'Histoire, affirma Hegel, elle ne prend sens que dans la société civile, dans la
famille et dans l'État. L'émancipation politique, économique et sociale
implique, selon Marx, que les individus se libèrent de l'esclavage du besoin, de la
guerre entre les nations et de la lutte des classes.
Les sciences humaines ont montré au XXème siècle que les hommes sont déterminés par leur
inconscient et leur milieu familial, comme le révèle la psychanalyse, et par leur milieu social, comme
il apparaît dans l'approche introduite par la sociologie. À en croire certains
représentants de ces disciplines, le mot «liberté» se rapporte à nos ignorances,
tandis que pour d'autres penseurs il se réfère à l'idée qui gouverne
l'existence humaine.